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Sur les limites d’une médecine du bonheur

L’époque est aux recettes pour trouver le bonheur. Des livres « d’astuces » pour être heureux se poussent dans les librairies, d’autres un peu moins nombreux nous disent que la recherche du bonheur n’a pas de sens.

Le besoin d’être heureux est une injonction de nos sociétés, où les mines tristes, le cynisme et le refus de la compétition sont réprouvés. Il faut donc paraitre aller bien et on demande à la chirurgie esthétique d’aider à afficher sa plus belle apparence.

On demande un regard enjoué contre un regard fatigué. On demande que l’ovale du visage soit finement dessiné plutôt qu’affaissé et enlaidi par un double menton. On demande que le ventre soit plat, on exige que la culotte de cheval disparaisse et que ses seins soient les plus beaux du monde.

A ses demandes, votre chirurgien esthétique en Tunisie, à Lausanne ou à Paris peut répondre par son catalogue d’interventions. Aux paupières qui tombent, il oppose la blépharoplastie. Au visage bouffi et ridé, il oppose le lifting cervico-facial. A la graisse, il envoie les canules de la lipoaspiration et peut aussi vous trouver les meilleures prothèses mammaires du marché.

Mais le chirurgien n’est pas un magicien. Ce n’est pas gourou, un faiseur de joie dont l’action serait à l’origine du bonheur retrouvé. C’est sa grandeur et sa limite. Il peut vous écouter, vous indiquer la bonne opération et somme toute il a conscience qu’après (c’est-à-dire au moins 3 mois après), vous irez peut être mieux, mais il ne peut pas vous vendre la révolution dans votre vie.
C’est un principe que tous les professionnels de la chirurgie esthétique devraient s’accorder à afficher dans leurs cabinets. « Que celui qui entre ici ne croit pas y trouver le bonheur. » Cette devise a du sens car elle permet de ne pas mentir au patient. Un nez sans bosse, des seins plus gros ne vont pas bouleverser une vie. La médecine pratiquée par les plasticiens est faillible. Cela veut dire que les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des attentes et que le premier objectif d’une intervention est de faire retrouver son harmonie à une zone du corps et non de rendre la vie plus belle.
Le bonheur est une notion ou trop complexe ou trop vague pour qu’elle puisse dépendre simplement d’un geste chirurgical. En témoignent ces gens qui souffrent de dysmorphophobie et qui passent leur vie à modifier à chaque fois une partie de leur corps sans en être satisfait et qui pensent que c’est toujours la prochaine intervention de chirurgie esthétique qui les comblera, qui les rendra heureux.

Hannibal esthetique:
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